Trans-Fer : voyage d’art africain

D’objets traditionnels en créations insolites, partez à la rencontre de l’art du fer en Afrique, à la Fondation Blachère, jusqu’au 2 mai 2020.

L’aventure commence dans le jardin de la Fondation, où trône un guerrier Massaï (que j’avais vu à Avignon au Musée Calvet lors d’une exposition, déjà par la Fondation Blachère, intitulée Les Eclaireurs, sculpteurs d’Afrique, en 2017). Majestueux, son regard est tourné vers la porte que je m’apprête à franchir.

Trans-Fer©Odile Pascal

L’ambiance tamisée étonne tout d’abord, puis prend tout son sens. Par d’habiles et subtils jeux de lumière, les œuvres exposées semblent sinon prendre vie, du moins osciller dans un mouvement imperceptible qui captive le visiteur. Immobilité des œuvres, voyage du cœur et des sens !

Trans-Fer©Jérémie Pitot

Iron sculpture from Africa, tel est le thème, qui raconte, au fil des œuvres, l’histoire de l’art de la métallurgie en Afrique, de l’objet le plus simple au plus sophistiqué, du plus traditionnel à l’iconoclaste.

Ici, le fer s’anime, transcendé par les artistes, habité par les formes, humaines, animales, minérales.
Les objets anciens, issus d’une collection privée, et les œuvres contemporaines de la Collection Blachère (de Marius Dansou et Rémy Samuz, jeunes artistes béninois invités en résidence à la Fondation), se répondent, se défient.

Trans-Fer©Jérémie-Pitot

S’il on est toujours intéressé par les objets traditionnels, dont de très belles lances, bâtons de médecine, monnaies ou encore des boucliers et couteaux rituels, on est, tour à tour…
Etonné et amusé (surtout les enfants ou les amateurs de mécano qui sommeillent en nous 😉 ) par l’imposant buffle en engrenages,
Emu par cette forêt d’en-fer qui étend ses branches vers les cieux en une supplique,
Dérouté par les femmes qui offrent leurs ventres arrondis transparents laissant entrevoir des têtes d’enfants,
Emerveillé par les coiffes gigantesques, telles une ode à la beauté de la femme.

Trans-Fer©S.Maisonnave
Trans-Fer©S.Maisonnave
Trans-Fer©S.Maisonnave

Et que dire de ce corps en courbes douces et ces bustes en création, tout en dentelle de fer, dont les ombres projettent des filaments sur le sol et les murs (un message de vie en perpétuel mouvement? ) ! On imagine la virtuosité et patience pour leur donner naissance.

Trans-Fer©Jérémie-Pitot

Les dessins de Soly Cissé, les photographies de JD Okhai Ojeikere, les estampes sur Dibon de Mansour Ciss, Confluences d’El Anatsui, flamboyante sculpture murale faite de bandes d’aluminium et de fils de cuivre, et Dexu Adüna d’Alexis Peskine, profond portrait d’un jeune homme littéralement cloué sur des planches en bois noires complètent admirablement l’exposition.

Trans-Fer©Jérémie-Pitot

Finalement, si on se laisse embarquer dans ce périple f(é)er-ique, les œuvres interrogent, sur la condition des femmes, la nature, la tradition, l’écologie, le recyclage… Sur l’humanité, l’environnement et leurs devenirs intimement liés en somme !

Vous l’avez compris, j’ai eu un vrai coup de cœur !

Suggestion : pour prolonger la visite, faites un tour à
– La « Boutik » équitable de la fondation à la rencontre de créations d’artisans et de designers africains de divers pays, de la Tunisie, à l’Afrique du Sud, en passant par le Sénégal, le Mali, le Burkina Faso, le Togo, le Ghana, Madagascar, etc

– La galerie, qui expose des artistes venus sur place en résidence à la fondation

– La librairie, qui propose l’ensemble des catalogues des expositions qui ont eu lieu au centre d’art ainsi qu’une sélection d’ouvrages sur l’art et les pratiques artistiques africaines

– En centre-ville d’Apt, sur la place Gabriel Péri, où est exposée la Prière Universelle de Ndary Lo (elle aussi présentée à Avignon en 2017)

Pratique
Trans-Fer à la Fondation Blachère, jusqu’au 2 mai 2020 – Entrée libre
Du lundi au samedi de 14h à 18h
www.fondationblachere.org

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