Sur le toit du Luberon au Fort de Buoux

C’est à un voyage qui remonte au temps des Romains que je vous convie, entre randonnée et archéologie. Là-haut, sur le toit du Luberon, pour une découverte étonnante de la citadelle de Buoux qui domine la vallée de l’Aiguebrun à 8 km d’Apt.

La citadelle remonte au temps des Romains puis au Moyen-âge © Colombe Production

Je roule en direction d’Apt. Le site Fort de Buoux est très bien indiqué. Le parking visiteur m’invite à continuer à pied. Je franchis les grilles du Fort de Buoux et me retrouve sur un long sentier. La balade commence et je ne sais pas du tout à quoi m’attendre. Et me demande même où est le fort que je ne vois pas en contrebas.

Un site, en contrebas du fort, habité depuis la préhistoire © Colombe Production

C’est alors qu’au détour du virage, je me retrouve face à cet immense bloc rocheux. J’ai l’impression d’avoir remonté le temps et qu’un homme préhistorique va surgir, tant l’atmosphère qui règne dans cet étroit passage est mystérieuse. Et voilà que j’aperçois des entailles dans la cavité rocheuse. Une pancarte indique qu’ici étaient entreposés quelque 80 sarcophages en pierre disparus et que les grottes de la vallée de l’Aiguebrun étaient déjà occupées par l’homme à la Préhistoire.
Je ne m’attarde pas, impossible d’expliquer ce sentiment. 

La maison du gardien du fort de Buoux accueille tout visiteur © Colombe Production

Une fois franchi le bloc rocheux en forme de cavité, c’est un autre paysage qui s’impose à moi. Boisé, avec de hautes falaises. Je suppose que le fort était tout là-haut.  J’aperçois la maison du gardien en pierre sèche. Passage obligé avant la découverte de la citadelle. Les consignes de sécurité sont clairement annoncées : le site présente des risques de chute si l’on s’approche des abords de la falaise.

Le gardien Philippe Marcellini est l’un des 70 habitants de Buoux
© Colombe production

Je sors ma petite bourse et achète le livre sur l’histoire du fort de Buoux, du nom de la commune. Il me servira de guide… Je lis avec attention chacune des étapes indiquées dans un parcours du fort bien défini. Je commence par la découverte d’une habitation creusée dans la cavité. Je pense à mon grand lit douillet. Ici le confort était des plus rustres ! Je poursuis ma visite allant de surprise en surprise.

Quelques visiteurs arpentent le sentier balisé de la citadelle © Colombe Production

Remparts, pont-levis, bastion, tranchées, citerne, escalier dérobée, silos… que de vestiges passionnants à découvrir durant deux heures de visite. Je découvre une extraordinaire place forte, qui s’inscrit dans tout un système rationnel de défense stratégique, depuis la Combe de Lourmarin jusqu’à Sivergues et au-delà, en protection calculée de la vallée d’Apt.

Une extraordinaire place forte de défense stratégique, depuis la Combe de Lourmarin jusqu’à Sivergues et au-delà, pour défendre la vallée d’Apt.© Colombe Production

Je ne m’attendais pas à me transformer en archéologue le temps d’une balade dans la citadelle de Buoux, bâtie sur un éperon rocheux. Un site peu connu mais ô combien intéressant!

Trois bastions et tours de guet sont à franchir avant d’atteindre le sommet du fort
© Colombe Production

Les pancartes m’aident à comprendre le site, mon petit livre à reconstituer l’histoire de cet oppidum qui, dès le Moyen-âge, a joué un rôle important dans la défense du pays et qui aurait été vraisemblablement démonté vers 1660, sous le règne de Louis XIV.

Les remparts et tour de guet se succèdent au fort de Buoux © Colombe Production

Je découvre les très belles fondations d’une église de 15,5 mètres de long par 5 mètres de large. Il se dit qu’elle pouvait abriter une centaine de personnes. Je découvre aussi deux immenses citernes dont une d’une capacité estimée à 50 M3, comme on en voit sur le plateau de Giono.

© Colombe Production

Et soudain, la vue est incroyable : la roche sur le plateau est creusée de 18 silos. Non, je ne les ai pas comptés, c’est écrit dans le livre ! Et ils dateraient même de l’époque romaine, selon les archéologues.

18 silos qui recèlent encore de mystères, creusés dans la roche© Colombe Production
Un escalier dérobé taillé la roche
© Colombe Production

Je franchis ensuite les remparts successifs. Mais le clou de la visite du fort de Buoux reste cet escalier dérobé vertigineux creusé dans la roche. Incroyablement conçu par la main de l’homme. Mais dont la conception et la destination restent un véritable mystère. Était-il conçu pour évacuer le fort au cas où l’assiégeant arriverait ? Était-il caché et comment ? Autant de questions sans réponses.
Je réfléchis avant d’attaquer la première marche. 

L’escalier dérobé: une impressionnante descente pour quitter le fort de Buoux
© Colombe Production

 

En bas de l’escalier, je me retrouve au pied de la falaise, fière d’avoir franchi ce gué minéral. Il est plus impressionnant à regarder qu’à descendre au final ! 
Après une quinzaine de minutes de marche, au cœur d’un bois où visiblement les sangliers s’en donnent à cœur joie, je retrouve la maison du gardien.
La balade est finie.
Quelle aventure mémorable !

En savoir plus sur le Fort de Buoux
Site officiel du Fort
Ville de Buoux


Violette

Ecrit par

Ici, souffle le mistral sous le soleil qui réchauffe les âmes. Le vent balaye le plateau de Sault, siffle sur le mont Ventoux, aiguise les Dentelles de Montmirail, défie le palais des papes et caresse la Sorgue, le Rhône et la Durance. Mais dans le Vaucluse, le vent porte aussi les mots du poète Frédéric Mistral et sème les tirades théâtrales pendant le célèbre Festival d'Avignon. Telle une colombe, j'aime survoler cette terre fertile composée des plus grands vignobles du monde, picorer dans les assiettes des grands chefs de Provence, admirer le savoir-faire des artisans. Et vous faire partager ces instants de bonheur...’

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