Shalom comtadin

Carpentras, Cavaillon et Avignon abritent les trois synagogues du Vaucluse. Celle de Carpentras est la plus vieille de France en activité. Elle témoigne de la présence des communautés juives qui, persécutées dans le Royaume de France, se mirent sous la protection pontificale et s’installèrent en Comtat Venaissin dès le 13ème siècle.
Ici, le baroque XVIIIe plonge dans le sous-sol comtadin.

« D’accord pour la synagogue mais elle ne doit pas dépasser la hauteur de la cathédrale Saint-Siffrein ».

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Cathédrale St Siffrein

Quand on est « juifs des papes » depuis le XIVe, persécutés par le royaume de France et protégés à Carpentras dans le Comtat Venaissin, on ne discute pas avec les « conseils » de Monseigneur D’Inguimbert, l’évêque de 1741. Alors on compose, on s’adapte et on puise dans l’ironie du Ghetto, celui des « Carrières » (rue en provençal), le territoire dédié à ceux qui ne peuvent pas faire d’autres métiers que les fripes, la brocante et le prêt d’argent. En gros, que des boulots qui aujourd’hui, ne connaissent pas la crise.

La synagogue s’ouvre derrière une porte toute simple, pas loin de l’anonymat. Le vestibule et le grand escalier mènent à la Salle de Culte. Cerné par le baroque XVIIIe, je vous conseille de lever le regard et de contempler la voûte bleue délicatement étoilée du plafond. Finalement, c’est bien plus haut et vertigineux que la cathédrale Saint-Siffrein puisqu’on atteint le ciel. C’est ce qu’on appelle l’humour juif comtadin, bien avant celui de New-York et de Woody Allen.

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Tribune et chandeliers à 7 branches

La plus vieille synagogue de France émerveille les curieux de la planète entière,  au point qu’au plus fort des visites, le « Fauteuil d’Elie » dans sa niche, en entend de toutes les couleurs sonores qui donnent des allures de Tour de Babel à ce lieu de prières. Toutes les langues en VO s’extasient sur les boiseries sombres et les lambris patinés, les balustres en fer forgé de la Tribune ornée de trois chandeliers à sept branches, les livres de la loi dans le Sanctuaire, protégés par de somptueux brocards, la Teba et son dais pour les lecteurs de la Torah dans un  bel ensemble très riche et élégant rythmé par des pilastres doriques et les frises en relief, mis en lumière par les grandes fenêtres, les lampes sacrées et les lustres imposants qui « clinquent » dans les halos.

Fauteuil d'Elie

Fauteuil d’Elie

 

Le sous-sol est beaucoup plus sombre et dépouillé avec ses deux boulangeries, l’une pour le pain quotidien, l’autre pour le pain azyme des fêtes. Rien d’autre que le four à coupole, la table de pétrissage, du pratique sans falbalas entre les murs nus de chaux grise.

 

Boulangerie de la synagogue

Boulangerie de la synagogue

J’ai un faible pour les bains rituels voisins, le Mikvé, petit bassin de purification et surtout celui creusé en puits dans la roche sur dix mètres de profondeur. Une volée de 48 marches qui plongent dans une eau verte étonnamment claire, celle de la nappe phréatique comtadine. On se croirait dans un inquiétant épisode aquatique du jeu vidéo « Tomb Raider ». Du coup, toutes les visiteuses se prennent pour Lara Croft.

 

Escalier menant au Mikvé

Escalier menant au Mikvé

eau du Mikve OT Carpentras

 

La synagogue est ouverte du lundi au jeudi de 10h à 12h et de 15h à 17h. Le vendredi de 10h à 12h et de 15h à 16h. Fermeture : samedi, dimanche et fêtes juives. Visites guidées pendant les vacances scolaires. T. 04 90 63 39 97. 

Place Maurice Charretier à Carpentras

Plus d’information

 

Festival du film israélien de Carpentras festival-2013-poster-A31-766x1024

Du 4 au 13 octobre 2013, ce festival  aborde sans complexe tous les sujets de société : religion, armée, famille… avec pour thème conducteur cette année, l’adolescence.

Programme  

 

 

Texte Hugues Masoch,

Photos Alain Hocquel et Office du Tourisme de Carpentras

 

Hugues

Ecrit par

J’arpente le Vaucluse depuis presque 40 ans pour raconter les choses et les gens, dégotter des coinstots plus ou moins bizarres, austères parfois, festifs et surprenants souvent, pleins d’histoires petites et grandes. J’ai toujours aimé soulever les jupes du quotidien. Je n’ai jamais été déçu. Alors restez avec moi pour vous faire partager mes découvertes.

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