Paniers pleins dans les Dentelles de Montmirail

Dodu, juteux et gorgé de sucre, je suis un fruit de l’été.
Je mets la pêche au petit village du Barroux chaque 14 juillet.
Cru, en tarte ou en confiture, je suis à croquer.
Je suis….

L’ABRICOT, cultivé depuis 1882 dans les vergers pentus et ensoleillés de cet amour de village, qui mériterait bien un jour d’être classé parmi les Plus Beaux de France !

En ce jour de 14 juillet, c’est la fête au Barroux.

Rien d’exceptionnel direz vous, des centaines de villes et villages en France célèbrent la fête nationale ! Si ce n’est qu’ici, c’est l’abricot qu’on célèbre avec un joli petit marché qui lui est dédié.

Sur la placette du pittoresque village, une dizaine de producteurs ont déployé leurs étals colorés.

          

Je m’approche et m’interroge devant les barquettes de fruits mûrs aux couleurs flamboyantes qui portent les noms de Bergarouge, Harogem, Orangé de Provence …

Certains sont ronds et légèrement bosselés, d’autres plus allongés et presque rouges, d’autres encore plus aplatis à la robe d’un jaune orangé clair. J’hésite, je n’y connais pas grand chose ! Est ce le rouge le plus mûr ?

Avec son accent chantant, un paysan jovial m’invite à les goûter. Qu’à cela ne tienne, je goûte ! Le premier est juteux et très sucré, l’autre fondant à la saveur  douce et plus aromatique.

Finalement ce n’est pas le rouge le plus mûr !

            

J’écoute les conseils avisés de ce bon provençal.

Il me révèle une astuce pour reconnaitre un fruit mûri sur l’arbre : s’il n’a plus son pécou (la queue en provençal), il y a des chances pour qu’il ait été cueilli mûr à point ( le pécou serait resté sur l’arbre!). S’il l’a conservé, c’est mauvais signe, car l’abricot ne mûrit jamais après sa cueillette.

La conversation est lancée !

J’apprends  aussi qu’au milieu du siècle dernier, Le Barroux,  qui comptait alors une centaine de producteurs d’abricots, avait ouvert en ses murs un marché quotidien de l’abricot, chaque année du 14 juillet au 15 août . « Il était devenu fameux, notre marché ! On venait de loin pour nos abricots » me dit il, « les gourmands mais aussi les confiseurs d’Apt et de Carpentras venaient s’approvisionner ici !« .

Hélas, la culture des abricots, longtemps florissante, finit par être supplantée par d’autres, plus avantageuses. Les petites exploitations sont délaissées, des arbres sont arrachés et remplacés par la vigne.

Les abricotiers en partie disparus, le marché cessa progressivement d’être quotidien et finit par disparaître lui aussi, jusqu’à ce qu’on lui redonne vie il a quelques années.

C’est ainsi que le Barroux retrouve, pour quelques heures, les bruits, les parfums et l’animation d’antan.

Je quitte mon sympathique villageois, ma barquette d’Orangés à la main, et poursuis ma visite, goûtant ça et là, glace parfumée, macarons, pâtisserie et  jus…

                 

 

Si d’aventure vos pas vous mènent au Barroux un 14 juillet, ne soyez pas comme moi trop gourmand et réservez un peu de votre appétit : les restaurateurs du village proposent un menu « spécial abricot » .

Car saviez vous que l’abricot peut tout à fait accompagner un plat salé comme une volaille, dinde ou caille, qui se trouve réveillée par sa saveur légèrement acidulée. Michel Philibert, du Restaurant Gajuléa au Barroux, en est l’ambassadeur. Essayez ce jour là sa Brochette de canard aux abricots, sauce aux épices et petit épeautre de Sault ou son Tiramisu aux abricots… Vous m’en direz des nouvelles !

 

Et si vous êtes prêts à oser vous-mêmes  le mariage abricot/fromage de chèvre frais , en voici la recette toute simple.

Surprenant et délicieux pour un apéro estival.

Pour 25 abricots, il vous faut trois fromages de chèvre frais, un demi bouquet de ciboulette, du sel et du poivre, 2 pincées de piment d’Espelette, et un filet d’huile d’olive. Vous pouvez rajouter aussi un soupçon d’ail.

A l’aide d’un couteau, ouvrez les abricots en deux et ôtez le noyau. Dans un bol, mélangez le fromage de chèvre (bien frais), la ciboulette ciselée, et les autres ingrédients. Façonnez ensuite de petites boules de fromage pour en garnir les oreillons d’abricot.

Et réservez au frais jusqu’à l’heure de l’apéro… Ça vaut mille fois des cacahuètes !

 

Le Barroux – Dimanche 14 juillet 2013, de 9h à 18h, Place St Denis

Texte Valérie BISET , photos Valérie Biset, Line Isnard-Berthomier


Valérie

Ecrit par

Curieuse de tout, gourmande et gourmet, j’adore toutes les bonnes et belles choses en général. Fan de cuisine et de vin serait exagéré mais ce qui m’anime avant tout, c’est ma passion pour le Vaucluse, mon département d’adoption dont je raffole. J’aime rencontrer tout ceux qui comme moi se plaisent à valoriser ses atouts, et surtout à transmettre leur passion et leur savoir faire. Je consacre une partie de mon temps libre à parcourir le département, inépuisable, et suis toujours partante pour découvrir un nouveau lieu et dénicher une bonne adresse. J’aime écrire aussi et ai quelques monomanies : les glaces (celles à la crème de préférence) et les réseaux sociaux.

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