Musée Angladon d’Avignon – Petits délices intimes

Derrière ses vieilles pierres, Avignon réserve toujours quelques surprises. L’hôtel de Massilian en fait partie qui abrite le musée Angladon, dans une rue discrète du centre-ville. Une jolie balade chez un collectionneur passionné.

J’ai poussé la porte. L’escalier d’époque inaugure l’ambiance pour se plonger dans cette collection privée qui vient de Jacques Doucet, l’un des créateurs de haute couture parisien du début du XXe siècle. D’héritage en héritage, Jean Angladon-Dubrujeaud et Paulette Martin, son épouse ont fignolé cette collection discrète, comme si on était invité à prendre le thé dans l’un des salons qui résument les élans, les coups de cœur des animateurs du lieu.

Je me laisse aller sans à-priori, au gré des expositions, d’une époque l’autre, un peu comme dans un appartement dont les pièces seraient dédiées à tels ou tels, d’un style l’autre,  avec ce XVIIIe précisément qu’appréciait Doucet, des pas connus vraiment, sauf par les amateurs éclairés comme Chardin, Robert, Lawrence et une « Marine » de Joseph Vernet, le local de l’étape, dont la rue n’est pas loin.

Salon        Salon chinois

 

C’est justement l’intérêt de ce musée : faire découvrir des artistes qui ont souvent joué les seconds rôles dans l’histoire de la peinture. Essentiels pourtant, pour expliquer les influences, les Ecoles et les goûts de celui qui les propose. Bienvenus chez nous, suggère la fondation Angladon qui vous fait vadrouiller du Salon rouge à la « Cène » anonyme jusqu’au cabinet oriental avec cet Orient, coqueluche du 18e siècle, et son Bouddha sur soie et la danseuse, période Tang. Les meubles sont estampillés Jacob ou Tillard, le masque en bec vient de la Côte d’Ivoire pour mieux s’embarquer vers un 19eme plus balisé avec Cézanne, Daumier, « les Danseuses » de Degas, « La neige à Louveciennes » de Sisley, et un « petit » Van Gogh, dans sa période  Art de rue : « Wagon de chemin de fer ».

Angladon Tsugharu Leonard Foujita_Portrait de madame Foujita_1917_Aqu      ©Angladon Amedeo Modigliani_Portrait de femme ou la blouse rose_1919_H

Un chat de porcelaine chinoise plus tard, je m’égare vers l’avant-garde du XXe comme Derain, Forain, Foujita bien sûr et les repères définitifs comme Modigliani et « La blouse rose » ou un Picasso  «Fenêtre ouverte sur la mer ». On est entre nous ici, des complices avertis pour faire un petit tour vers les deux salles consacrées à Paulette et Jean, mine de rien, étudiants aux Beaux Arts d’Avignon devenus, peintres, sculpteurs et graveurs sur bois pour illustrer, entre autres, les ouvrages de leur copain Pierre Seghers. Le même poète-éditeur qui avant de trouver sa voie, vendait des zincs de bistrot pour payer son terme. Eh oui ! dont celui de «  Mon Bar », le célèbre estaminet de la rue Carnot. Au bout du comptoir, la gloire.

 

Musée Angladon 

5, rue Laboureur à Avignon.

T. 04 90 82 29 03.

angladon@angladon.com

Tous les jours sauf le lundi de 13h à 18h.

Plus d’informations

 

Texte Hugues Masoch , Photos Fondation Angladon

Hugues

Ecrit par

J’arpente le Vaucluse depuis presque 40 ans pour raconter les choses et les gens, dégotter des coinstots plus ou moins bizarres, austères parfois, festifs et surprenants souvent, pleins d’histoires petites et grandes. J’ai toujours aimé soulever les jupes du quotidien. Je n’ai jamais été déçu. Alors restez avec moi pour vous faire partager mes découvertes.

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