Faiseur de miel

La nature explose, la chaleur se réinstalle, nos amies les abeilles sortent de l’hivernage, cette longue période d’enfermement dans la ruche où elles se sont tenues chaud tout l’hiver. Partout dans la campagne environnante on commence à entendre leur léger bourdonnement, annonciateur du miel. Ah le miel ! Philippe Huguel le connait bien, dans une autre vie il a dû être un ours ! Avec 500 ruches, cet « happy »culteur professionnel a du pain sur la planche, ou plutôt du miel sur le cadre ! Car c’est le moment pour lui de contrôler les essaims, de remplacer les reines, de faire le ménage dans la ruche, quoi ! J’y suis allé, pas effrayé pour un sou dans ma combi blanche d’apinaute…

Outil indispensable, l’enfumoir, dont la fumée va prévenir les abeilles de l’intervention de l’apiculteur. Celles-ci vont être moins agressive et l’on pourra travailler en toute tranquillité.

J’ai toujours été fasciné par les abeilles, ces petites travailleuses infatigables, et en même temps si fragiles, si sensibles à leur environnement. Alors revêtir la combinaison d’apiculteur, quel bonheur ! Je suis piloté dans ma découverte par Philippe Huguel, président du Syndicat des apiculteurs du Vaucluse. C’est son job de faire du miel, et il en fait beaucoup ; 500 ruches, ça en fait du miel à récolter ! Je découvre un métier exigeant, physiquement éreintant, qui nécessite d’avoir pour les abeilles une véritable passion. Car elles demandent de l’attention, des soins, et un peu d’autorité dans la ruche … c’est précisément ce que Philippe leur apporte en implantant une reine qu’il a choisi. Une reine qui va dominer le petit monde de la ruche …

La futur jeune reine, encore au stade larvaire, est placée par Philippe directement dans le cadre. Lorsqu’elle éclora, elle règnera !

La reine est marquée d’un point de couleur. Plus simple pour la repérer dans la multitude, même si elle est 2 fois plus grosse que ses sœurs travailleuses

Pourtant, les abeilles en auraient bien élevé une, de reine ! D’ailleurs, certaines alvéoles sont remplies de gelée royale, la substance la plus nutritive qui soit, dans laquelle les larves des futures reines grandissent, évoluent au stade de nymphe, pour éclore en une vingtaine de jours. La reine, c’est la pièce maîtresse d’une ruche. Elle détient à la fois l’autorité et le potentiel de renouvellement de sa ruche. Contrairement à ses sœurs et sujets mâles (les faux bourdons), qui vivent environ 30 jours, elle peut vivre 3 ans ! Comme quoi, manger de la gelée royale doit ralentir le vieillissement ! Et booster la ponte aussi : une reine pond, tenez vous bien, jusqu’à 2000 œufs par jour en pleine saison, soit 2 millions dans toute son existence !

C’est donc un travail crucial pour Philippe que la réintroduction des reines dans les ruches. Tout en activant son enfumoir, il m’explique les différentes races d’abeilles. L’abeille locale, la plus répandue, c’est l’Apis Mellifera, bonne travailleuse robuste mais parfois un peu agressive. Il y a aussi la Carnica, plus douce, la Ligustica et la Caucasica. Philippe, lui, les aime toutes, et il faut vraiment qu’une colonie rue dans les brancards et devienne très agressive pour qu’il décide de s’en débarasser…


Naissance d’une travailleuse. Elle vivra une trentaine de jours, et occupera tous les postes dans la ruche.

Je le rejoins quelques jours plus tard à Carpentras, où l’Office de Tourisme organise une belle exposition autour du miel animée de dégustations, de projections et de sorties pédagogiques . Il a sorti l’Apibulle, une ruche enfermée dans un caisson de verre, très pratique quand on veut montrer aux enfants les gestes de l’apiculteur. C’est François Vachet qui est dans l’apibulle, un collègue photographe mais aussi apiculteur amateur. Il est « tombé dedans » il y a quelques années, et n’en sort plus. Il a 30 ruches, et son bonheur est total ! Plus tard, nous allons déguster ensemble les miels de ce début de saison- celui de romarin notamment qui est un vrai délice- en commentant les différents et nombreux bienfaits de ce produit 100% naturel.


Animation et exposition à l’OT de Carpentras. Ne la manquez pas !

Syndicat des apiculteurs du Vaucluse
Exposition Des hommes, des abeilles et du miel, à l’OT de Carpentras, jusqu’au 21 juin.

 

Texte et photos Pierre Marilly

Ecrit par

Je suis photographe et rédacteur dans les domaines de la gastronomie, du vin et de l’art de vivre. Arrivé en 2009 dans le Vaucluse, j’explore avec un bonheur toujours renouvelé ce coin de Provence authentique, à la rencontre des passionnés qui font vibrer mes sens ; chefs, vignerons, producteurs. Pour moi, il n’y a pas de petits sujets ! J’ai surtout à cœur de vous faire ressentir, par la magie des images et du verbe, la chaleur des fourneaux de cuisine pendant le coup de feu, ou la fraîcheur d’un chai en été.

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