Le Jardin Romain de Caumont ou Olympe sur Durance

Le gotha des plus vieux dieux du monde – Diane, Cérès, Minerve et les autres- se retrouve dans ce paradis champêtre et lapidaire aux portes d’Avignon.
A chacun son petit coin de jardin, autour du bassin d’agrément, un vestige exceptionnel en Gaule du Sud.

On ne sait pas qui ils étaient mais ils n’ont pas lésiné ! Des dignitaires romains, des riches tout court, des « à l’aise » pour résumer.

Déjà la villa de l’époque impériale devait mériter le détour avec la Durance qui baignait la propriété. Oui, car la rivière était plus proche avant.

Il paraît que la bâtisse a été détruite puis reconstruite vers la fin du IIIe siècle, avec des thermes, en hypocauste, caldarium et frigidarium, des ablutions latines qu’on aimerait bien avoir chez soi pour extasier les amis, de l’air chaud qui circule sous le plancher et entre les cloisons, une pièce tiède et une autre froide, juste avant la baignoire. Après, on peut prendre l’apéro dans une toge décontractée en se disant que, quand même, il manque une piscine.

Il suffisait d’y penser et ils l’ont fait mais dans le grandiose : un bassin de 65 mètres de long sur 3,20 mètres de large et 1,20 mètre de profondeur, le fond pavé de briquettes en argile de couleurs et posées en épis avec des margelles en calcaire d’Oppède.

Bassin monumental Jardin Romain Caumont A Hocquel

 

Plus subtile qu’un luxe qatari, qu’un délire russo-monégasque, cette ligne d’eau dans le prolongement de l’escalier monumental descendait de la villa pour mieux montrer la Via Domitia, le plateau de Vaucluse et la plaine de la Durance. Une invitation au voyage, aux trempettes sans fin, à une élection de miss vestale mouillée…au milieu d’un jardin délicieusement pédagogique qui rend hommage aux plus vieux dieux du monde.

Des lurons et des luronnes qui sont chez eux dans ce lieu enchanteur rappelant les influences grecques dans la bonne société romaine du temps d’Auguste. Ainsi, au gré d’une centaine d’espèces de plantes et d’arbustes, on peut se balader chez Jupiter entre chêne et immortelles, croiser cyprès, lauriers, jacinthes, les amours contrariés d’Apollon, l’iris et le bleuet de la douce Flore, le figuier de Cérès, le pommier de Pomone, Minerve et ses oliviers, les fourrés broussailleux de Diane.

caumont sur durance - jardin romain - 3937 Bottani

 

caumont sur durance - jardin romain - 5043 adt

J’adore emprunter le labyrinthe jusqu’au puits du Minotaure, non loin de chez Bacchus que l’on ne présente plus, le dernier dieu admis dans l’Olympe… mieux vaut tard que jamais. Et la vigne comme point commun avec Priape, le coquin. Cherchez-le dans le jardin et devinez pourquoi les Romains se servaient de sa statue comme épouvantail.

 

Le jardin romain de Caumont-sur-Durance a remporté l’or et l’argent aux victoires du paysage 2010.

Jardin Romain

Impasse de la chapelle

Avenue du général De Gaulle

à Caumont (84510)

 

Plus d’information

Texte Hugues Masoch, Photos A Hocquel

Hugues

Ecrit par

J’arpente le Vaucluse depuis presque 40 ans pour raconter les choses et les gens, dégotter des coinstots plus ou moins bizarres, austères parfois, festifs et surprenants souvent, pleins d’histoires petites et grandes. J’ai toujours aimé soulever les jupes du quotidien. Je n’ai jamais été déçu. Alors restez avec moi pour vous faire partager mes découvertes.

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