L’art coule de source

Pernes-les-fontaines est une ville d’eau et d’histoire qui se raconte au fil de ses quarante fontaines dont certaines sont de véritables œuvres d’art, nées d’imaginations débordantes.

Pernes s’appelle « Les Fontaines » depuis le 18 mars 1936. Ce qui est une raison supplémentaire pour visiter ses ruelles pendant vos congés payés.

Même si à Pernes-les-Fontaines, donc, on ne boit pas que de l’eau, elle rafraîchit l’ambiance au gré de ses quarante bassins et lavoirs dûment répertoriés dont sept sont classés aux Monuments historiques depuis la fin des années 20.

                      IMG_0192.JPG_800      IMG_0153.JPG_800                                                Pernes les Fontaines - Fontaine de l'Hôpital - 2575  IMG_0149.JPG_800

 

Caresser les mascarons de ces sentinelles de l’aquifère est un plaisir toujours renouvelé, presque un rite, pour saluer les génies de l’eau surgis de la nappe phréatique près de la chapelle Saint-Roch, le patron anti Peste, de l’époque. A partir de 1751, et la découverte de la résurgence, les Pernois ont été pris de frénésie. Je vous conseille de lire l’histoire du village pour mesurer la boulimie fontainière. Peur de manquer, de laisser filer dans la rivière Nesque le moindre filet où alors par coquette jalousie de quartier, genre « et pourquoi ils en auraient une et pas nous ? » Résultat : ils en ont mis partout, en créant les emplois de « gardes fontaines » en 1772 pour éviter le gaspillage.

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Depuis, ça jaillit, glougloute, clapote, scintille comme du cristal liquide dans le soleil, sur les placettes, le long des cours, au croisement des rues, contre les murs des maisons, celui de l’ancien hôpital… sans doute pour rappeler la devise de Pernes : « Je luis entre toutes par la grâce de dieu ».

Et les artisans locaux ont laissé naviguer leur imagination dans un art de rue parfaitement durable et folklorique dans tous les sens du terme. Des satyres aux grandes oreilles surveillent un gigot qui surplombe la fontaine éponyme; celle du Cormoran déploie ses ailes au-dessus d’un poisson, d’une anguille, d’un monstre marin, d’une tortue et d’un canard, celle des Dauphins coiffe son chapeau de gendarme.

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A l’évidence, certains artistes de l’époque ont dû puiser l’inspiration dans la fontaine de la Lune, la plus sobre, si j’ose dire. Il paraît que sa flotte rend un peu fada quand on la boit à la lueur de l’astre de la nuit.  J’en connais qui, par snobisme festif, en font provision pour accompagner leurs apéritifs anisés. Un pastis mouillé à l’eau de la Lune et on tutoie l’excellence.

Pernes les Fontaines - Fontaine du Gigot - 0907

Informations : www.tourisme-pernes.fr

 

Texte Hugues Masoch

Photos Dominique Bottani, Alain Hocquel

Hugues

Ecrit par

J’arpente le Vaucluse depuis presque 40 ans pour raconter les choses et les gens, dégotter des coinstots plus ou moins bizarres, austères parfois, festifs et surprenants souvent, pleins d’histoires petites et grandes. J’ai toujours aimé soulever les jupes du quotidien. Je n’ai jamais été déçu. Alors restez avec moi pour vous faire partager mes découvertes.

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