la Famille Massonnet et l’ail de Piolenc

Essayons une seconde d’imaginer la cuisine provençale sans ail … plus d’Aïgo Boulido, plus de Pistou ?! Scandale ! L’ail est la cédille au c de « provençal » ! À l’approche de la fête de l’ail de Piolenc qui aura lieu les 23, 24 et 25 août prochains, j’ai rendu visite à Jean Pierre Massonnet, producteur à la retraite, qui m’a raconté ce beau condiment.

 

L’ail a ses vertus et ses dangers. Répulsif efficace dans la littérature fantastique, connu pour sa faculté à fouetter le sang, à lui redonner vigueur et éclat, il est malheureusement à proscrire au premier rendez vous galant ! Edith Piaf en croquait paraît-il une gousse chaque soir, du violet, pour lui faire voir la vie en rose. Marcel n’appréciait pas beaucoup, mais il serrait les dents.

 

Du reste, quantité de légendes et dictons circulent encore sur l’ail ; Jean Pierre Massonnet m’assure par exemple que l’ail doit traverser une rivière ou venir du sud pour qu’il soit de bonne qualité. De son propre aveu, les raisons de ces dictons se perdent un peu dans l’histoire de cette culture tranquille. En 60 ans de labeur, il a vu se développer l’activité à Piolenc, qui est devenu un centre important de l’ail à partir de 1950, autour de quelques grandes familles. Aujourd’hui, une dizaine d’exploitations produisent l’ail, pour des volumes qui alimentent sans peine un marché stable. Le fils de Mr Massonnet gère l’exploitation familiale, et a privilégié la polyculture, non pour le plaisir d’être occupé toute l’année du matin au soir, mais pour diversifier les cultures et parer les coups durs du climat ou des marchés. L’ail est heureusement brave : il ne nécessite que peu d’eau, des soins modérés, n’attire pas de nuisibles invincibles ; vous êtes assurés de consommer un produit sain et très peu traité.

 

Le tressage est la spécialité de Mme Massonnet ; de ses doigts habiles, elle confectionne paniers et tresses avec les têtes séchées et nettoyées, pour les vendre aux étal des marchés. Une activité fastidieuse et longue, mais quel plaisir de poser sur sa table ce bel assortiment !

 

Petites astuces si vous êtes bon consommateur : pour gagner du temps, écrasez une tête entière (qui se compose de gousses rappelons-le) dans un mélange d’huile et de vinaigre, la mixture se conservera bien plusieurs jours, et servira dans vos vinaigrettes, salades, pistous ou huiles de cuisson aillées. Dans un plat au four, quelques gousses en chemise (non épluchées) parfumeront le plat, et produiront une crème fondante excellente. Panachez l’ail blanc, rose et violet pour leurs caractères différents, et prenez garde au germe qui ne se digère pas bien. Pour une bonne conservation, surtout pas d’humidité. Au-dessus du four, bien au sec et au chaud, c’est là que l’ail se plait.

 

L’ail est partout dans notre cuisine provençale, et cependant il fait preuve d’une certaine discrétion culinaire, toujours derrière les ingrédients qu’il ne fait que relever. C’est une note chantante, la petite pointe de caractère du sud, l’ingrédient indispensable pendu à nos crémaillères !

Retrouvez la famille Massonnet et d’autres producteurs àla fête de l’ail de Piolenc chaque fin d’août !

Informations :

T. 04 90 29 63 59
confreriedelail@wanadoo.fr
monsite.orange.fr/ail-piolenc

Texte et photographies : Pierre Marilly / ADT

Ecrit par

Je suis photographe et rédacteur dans les domaines de la gastronomie, du vin et de l’art de vivre. Arrivé en 2009 dans le Vaucluse, j’explore avec un bonheur toujours renouvelé ce coin de Provence authentique, à la rencontre des passionnés qui font vibrer mes sens ; chefs, vignerons, producteurs. Pour moi, il n’y a pas de petits sujets ! J’ai surtout à cœur de vous faire ressentir, par la magie des images et du verbe, la chaleur des fourneaux de cuisine pendant le coup de feu, ou la fraîcheur d’un chai en été.

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