Apiculteur, un métier passion

Dans les derniers jours d’août, sur le Plateau d’Albion derrière Sault et ses champs de lavande, les abeilles -qui doivent sentir l’automne arriver- s’empressent de terminer leur précieuse récolte. Actives comme jamais, elles finissent de remplir de miel les cadres des ruches de l’apiculteur Philippe Huguel. Tel un ours, je me suis approché d’elles pour leur dérober, avec Philippe, un peu de leur précieuse production …

La combinaison et l’enfumoir, indispensables si l’on veut travailler tranquillement

J’avais déjà rencontré Philippe Huguel, président des apiculteurs du Vaucluse, lors d’un premier reportage sur le démarrage de la saison et l’introduction des reines dans les ruches. Arrivés en fin de saison, c’est le moment de dresser un bilan de l’année. Mellifère, pas mellifère ? « un peu mitigé », déplore Philippe. Le froid et les changements de température ont fait du tord à la production, toutes fleurs confondues. » En dessous d’une certaine température, les végétaux ne sécrètent plus le précieux nectar que les abeilles prélèvent pour le stocker dans la ruche, et il arrive parfois qu’elles doivent se nourrir de leur propre nectar pour survivre. Philippe a également observé cette année une mortalité élevée des abeilles, due peut être à certains produits utilisés dans les grandes cultures de lavande, malheureusement fatals aux abeilles.

Les lavandes, déjà récoltées, livrent encore quelques fleurs aux abeilles

Grosse activité pour les abeilles

Donc, cette année, une production de moindre quantité, mais qui n’empèche pas la qualité ! D’ailleurs, sur le miel de lavande, c’est assez exceptionnel ; Philippe me tend un morceau qu’il vient de prélever sur un cadre. Le miel est encore dans les alvéoles de cire; j’engouffre le tout dans ma bouche, en prenant garde qu’il n’y reste pas une abeille ou deux. Un goût de miracle ; c’est extrêmement délicat et à la fois puissant, c’est sucré mais presque rafraichissant … j’en mangerais la cire s’il ne fallait pas la recracher !

Un beau cadre. Les abeilles operculent les alvéoles pour conserver le miel

Le miel de lavande symbolise à lui seul toute la Provence, c’est un des miels les plus délicats, raffiné à l’extrême par ces butineuses infatigables. Car pour quelques centilitres de miel, combien d’allers et retours ont elles dû faire ? Combien d’heures de vol ? Qu’il est bon de consommer le produit de tant de travail acharné (on en serait presque coupables) ! D’ailleurs, on dirait qu’elles m’en veulent de leur voler leur miel, puisque 2 ou 3 d’entre elles se mettent à piquer mes mains restées sans protection. Si cela vous arrive, pas de panique, sortez du périmètre de la ruche (elles ne vous poursuivront pas indéfiniment) et tentez de ne pas frotter la plaie, le dard s’enfoncerait plus avant sous votre peau. Il doit être rapidement retiré, entre deux doigts, avant qu’il ne libère tout son venin. Et puis consolez vous, il parait que le venin d’abeille est excellent pour la santé !

Le fabuleux or jaune des abeilles

Dans la mesure du possible, lorsque vous achetez du miel, regardez s’il vient de France et non pas, selon les marques, de Chine, de Turquie ou des pays de l’Est. Ce n’est pas par chauvinisme que l’on peut recommander l’achat d’un miel plutôt français, mais simplement dans la mesure où l’agriculture dans son ensemble, comme la diversité végétale, a besoin des abeilles. Les arbres fruitiers par exemple atteignent des taux très supérieurs de fructification lorsque les abeilles travaillent à les polliniser. C’est donc un geste pour nos paysages, pour les cultures mais aussi pour les hommes qui contribuent à les conserver vivants, que nous faisons lorsque nous préférons le miel issu d’exploitations françaises.

 

Syndicat des apiculteurs de Vaucluse

 

texte et photos Pierre Marilly

Ecrit par

Je suis photographe et rédacteur dans les domaines de la gastronomie, du vin et de l’art de vivre. Arrivé en 2009 dans le Vaucluse, j’explore avec un bonheur toujours renouvelé ce coin de Provence authentique, à la rencontre des passionnés qui font vibrer mes sens ; chefs, vignerons, producteurs. Pour moi, il n’y a pas de petits sujets ! J’ai surtout à cœur de vous faire ressentir, par la magie des images et du verbe, la chaleur des fourneaux de cuisine pendant le coup de feu, ou la fraîcheur d’un chai en été.

Commentaires

  1. Ecrit par Escapade Vacances le 1 septembre 2014, 11:24 [Réponse]

    Le miel est en effet une des spécialités de notre si belle région. En passionnés nous avons aussi écrit un article sur le sujet, si vous avez envie d’un nouveau détour gourmand sur la route du miel : http://www.escapade-vacances.com/destinations/156-blog/activites-de-pleine-nature/580-escapade-gourmande-sur-la-route-du-miel

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