Jean Silvain, l’apiculteur pédagogue

« A une époque, le miel se faisait tout seul ». Jean Silvain, scrutant les signes de l’arrivée du printemps dans son jardin de Saint-Didier, se souvient parfaitement de ces années 80, où il observait son oncle s’occuper de ses quelques ruches, entre deux tailles de cerisiers.

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Aujourd’hui, le patronyme est associé à la fabrique de nougats, aux amandes de l’exploitation familiale et au miel produit par Jean qui veille sur près de 400 ruches. Une histoire de transmission, plus que jamais essentielle pour ce père de famille, qui est depuis peu président du syndicat des apiculteurs de Vaucluse. Les deux chantiers prioritaires à ses yeux : une meilleure communication entre les membres, notamment à travers le forum en ligne, pour partager un savoir-faire largement empirique et confronter ses expériences. « On est sans cesse face à de nouveaux défis, de nouveaux prédateurs », souligne-t-il. « Les pesticides rendent les abeilles moins résistantes. On doit changer nos façons de traiter, mais il faut vivre avec ». Lui qui exploite également 8 hectares d’amandiers le sait bien : « On fait cinq, six traitement dans l’année, et on fait attention; par exemple il n’est pas question de désherber en plein après-midi sur les fleurs… qui sont essentielles à la pollinisation ! »

Autre enjeu : former les amateurs, comme cette apicultrice débutante rencontrée au milieu des amandiers où elle faisait brouter son cheval. «Le syndicat vauclusien a ce positionnement original », explique-t-il dans un sourire: «On estime qu’il ne faut pas regarder de travers les amateurs qui détiennent une bonne partie des ruches de ce département, mais au contraire les aider à ne pas faire n’importe quoi… Si elles attrapent quelque chose, leurs abeilles peuvent très vite contaminer celles de professionnels ! »

Pour renforcer cette démarche, il s’apprête à ouvrir un rucher école.

L’apiculture, un art à partager.

 

Amelie

Ecrit par

Journaliste indépendante, j’arpente le Vaucluse à la rencontre de ceux qui lui donnent toute sa saveur, cuisiniers mais aussi producteurs, avec un goût prononcé pour la rencontre. J’aime ces gens qui aiment ce qu’ils font et ont l’œil qui brille devant un panier de légumes, parce que je suis moi-même une amoureuse des produits que nous offre cette terre. Arrivée en 2008, j’y ai depuis donné naissance à une petite fille qui me suit dans mes pérégrinations et me seconde aux fourneaux dans le respect des saisons et du territoire. Locavore, on adore !

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