Boulanger comme autrefois …

Dans le Luberon, la Boulangerie au feu de bois Honorat est de ces boulangeries où brûle un feu bien vivant : celui de la passion du bon pain d’autrefois …..

Le pain semble être apparu avec les premières traces de l’humanité. Même s’il a largement évolué avec le temps (on lui a connu des heures moins glorieuses à partir des années 50 avec la création de pains extrêmement blancs et fades à base de farine de fèves par exemple ) on a vu depuis les années 1970 un retour aux « sources » qui a mené nos boulangers à re-domestiquer quelques vieux fours à bois antiques afin de nous régaler de pains plus savoureux .

C’est ainsi qu’il y a sept ans, Monsieur Honorat et sa femme ont repris la boulangerie au feu de bois de Robion, aidés de leurs 4 employés permanents .

Avant eux, un puis deux boulangers avaient déjà relancé  la flamme éteinte de cette boulangerie qui semble pourtant toujours avoir été là . Elle est dans toutes les mémoires des anciens d’ici mais également sur les photos jaunies du début du siècle dernier, aux archives du village. A l’époque, on livre le bois à cheval, aujourd’hui il est livré des Landes et comme les règles l’imposent ; c’est un bois de pins qui produit une bonne flambée !

C’est à 23 heures, alors que la plupart d’entre nous s’apprêtent à aller dormir, que notre boulanger allume son four, nourrit son levain (un levain transmis par les deux derniers boulangers) et pétrit sa pâte . Un mélange de farines bien spécifique a été mis au point sur place et, grâce à des recettes soigneusement gardées, le boulanger crée son pâton . On retrouve ainsi de la farine T65 (une farine plutôt blanche ) puis la T80, plus riche ou la T110, ou bien encore celles de Seigle, de Sarrasin  et de Petit épeautre… On retrouve même de la farine de noisettes ! Je comprends mieux alors pourquoi les pains et les fougasses de la boulangerie Honorat sont si bons !

Ici on ne vend pas des « baguettes » mais bien des pains, et on ne compte pas en pains vendus  mais bien en litres d’eau écoulés : durant l’été, ce sont 150 litres d’eau , à la saison « morte  » entre 55 et 75 litres , une alchimie qui m’échappe mais qui rend ce pain si vivant … On fait lever les pâtons sur des « couches de lin » qui portent joliment la trace du temps et la patine de milliers de beaux pains . La pelle en bois de Monsieur Honorat valse au rythme des pains enfournés puis subitement sortis, chauds, craquants, dorés à point. Le geste  assuré par les années d’expérience en est presque hypnotique !

Mon pêché mignon : les Fougasses de la maison, chaudes, moelleuses, agrémentées d’olives noires et d’anchois , de chèvre ou de lardons craquants ou celles, sucrées, à la fleur d’oranger, ces fameuses « gibassiers » que l’on sert sur les bonnes tables de Noël provençales …

Ici, la tradition ressemble à une danse bien rodée entre éléments sacrés et ce boulanger « d’autrefois » bien dans son temps …


Boulangerie au feu de Bois Honorat

Avenue Aristide Briand

– 84440 Robion

Téléphone : 04 90 76 57 21

Ouvert sauf le mardi et dimanche après -midi
5h30 à 13h et de 15h30 à 19 h
Texte et photo Nathalie Ruffat Westling

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Commentaires

  1. Ecrit par alice le 30 janvier 2014, 22:54 [Réponse]

    Bon soir quels magnifiques pains et autres je languis le jour ou en passant par chez vous je viendrai dans votre boulangerie découvrir et enfin pouvoir gouter a quelques une de vos merveilles a bientot j’espère alice

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