Dans les jardins du XVIIIe

Les restanques, terrasses de culture ou « Bancaus » racontent l’histoire d’un Vaucluse agricole à la recherche de nouvelles terres suspendues au-dessus de la vallée. Des jardins en terrasses où la terre se mêle à la pierre sèche.

Pour accèder au  Conservatoire des terrasses de cultures de Goult, en Luberon, il faut prendre plein Sud après le Moulin de Jérusalem et sa tour du XVII.

Moulin de Jérusalem Goult ©VGillet

Moulin de Jérusalem Goult ©VGillet

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En descendant vers le Conservatoire des Terrasses de Cultures de Goult ©VGillet

 

Avec la pente douce, en vingt minutes, on bascule d’un siècle en surplombant le cirque naturel qui abrite le Conservatoire des terrasses de cultures. J’aime bien ce coin de XVIIIème rural fait de terre et de pierres sèches, de jardins suspendus au-dessus de la plaine du Calavon. Ici, les restanques font comme un théâtre à ciel ouvert avec des travées en chemin caillouteux dans les chênes verts. Une petite pause s’impose sur les bancs de calcaire d’une borie, d’un cabanon des champs cernés d’oliviers et d’amandiers de fleurs, d’herbacées vivaces et de vergers traditionnels judicieusement conservés.

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Restanques et oliviers ©V Gillet

 

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Borie © VBiset

C’est une balade tranquille et minérale, bruissante aussi en cette saison printanière avec les abeilles qui s’activent autour de leurs ruches nichées au fond des alvéoles aménagées dans les murs. Et comme l’eau était un bien précieux, on appréciera les aiguiers, citernes creusés dans le roc pour arroser les quinze terrasses du Conservatoire.

 

oliviers en terrasse ©D.Bottani

oliviers en terrasse ©D.Bottani

Ces terrasses exigeaient un énorme travail de remodelage des versants; elles retiennent les terres et empêchent leur érosion, forment des surfaces horizontales convenant aux attelages, à l’irrigation par gravité, réverbèrent le soleil et permettent des microclimats favorables… Elles pouvaient ainsi devenir vergers ou jardins potagers.

 

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Muret en pierre sèche ©VGillet

 

 

Pierre sèche © D.Bottani

Pierre sèche © D.Bottani

Pour pimenter la flânerie, même avec des enfants, s’ils sont conciliants, il faut descendre jusqu’à Notre-Dame-des-Lumières et saluer le buste en bois sombre de la vierge découverte par hasard dans un buisson, au XVII. Sans être un pèlerin assidu, on peut visiter le sanctuaire qui rappelle les mystérieuses boules de lumières baladeuses qui, du cimetière à la vieille chapelle, illuminaient les nuits locales en terrorisant tout le monde. Finalement, on a conclu aux signes divins et Notre Dame rassemble des centaines de fidèles tous les 15 août depuis quatre siècles. Je vous recommande leurs ex-votos exposés qui sont parfois truculents.

Si vous avez un peu chaud, poussez jusqu’à l’Imergue qui coule dans le vallon protecteur de vestiges gallo-romains, d’une source et d’un autel aux nymphes. Les divinités de l’eau folâtraient dans le coin, bien avant la Vierge noire.

 

Borie Goult © V Biset

Borie Goult © V Biset

Conservatoire des Terrasses de Goult

 

Renseignements à la Maison de village

Place Saint-Pierre
Tél. 04 90 72 38 58

www.goult.fr

 

 

Texte Hugues Masoch

Photos D Bottani, Valérie Gillet, Valérie Biset

Hugues

Ecrit par

J’arpente le Vaucluse depuis presque 40 ans pour raconter les choses et les gens, dégotter des coinstots plus ou moins bizarres, austères parfois, festifs et surprenants souvent, pleins d’histoires petites et grandes. J’ai toujours aimé soulever les jupes du quotidien. Je n’ai jamais été déçu. Alors restez avec moi pour vous faire partager mes découvertes.

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