Cairanne : L’essence du vin en 5 sens

Installé dans les anciennes caves de la coopérative Camille Cayran de Cairanne, un parcours sensoriel nous immerge totalement dans l’univers du vin. Servi par une élégante scénographie, plongé dans une semi-obscurité qui invite à la rêverie, il offre un beau moment de poésie et renouvelle le plaisir de (re)découvrir les beaux vins de l’appellation.


Voilà bientôt 10 ans que la cave coopérative a  fait le pari du contrepied dans l’approche classique des musées vignerons.  Ici, pas de vieux outils en vitrine ! On appréhende le vin, le terroir et le travail de la vigne avec notre nez, nos oreilles, nos yeux, nos doigts et notre palais. Car le vin est une expérience complète : et ce qui est une évidence pour le goût ou l’odorat l’est un peu moins pour des sens qui, s’ils sont peu sollicités en général lors d’une dégustation classique, nous sont en revanche bien utiles pour élargir nos horizons de consommateurs. Plongeons alors, oreilles tendues et yeux grands ouverts, dans cette noble matière !

Nous y sommes allés cette fois en petit groupe, car c’est à mon goût une expérience à partager  entre amis– comme le bon vin -. Guidés par notre hôte Aurélie, nous passons de scénette en alcôve, de tableau en installation, avec une curiosité d’enfants. Là, à quelques mètres sous terre, le tableau sonore d’une vigne en été, gentiment balayée par le vent, accueillante pour  les insectes qui y prospèrent. Au loin passe un tracteur, plus près le pas d’un marcheur sur les galets roulés. Ici, on plonge les mains dans le terroir comme les vignes plongent leurs racines dans le sol, constitué de galets ou de terres argileuses. Une installation retient notre attention : sur un cylindre, plusieurs matières alignées offrent au toucher du visiteur les sensations qu’ont sur la langue les tanins du vin. Cette pièce est une vraie réussite, car elle traduit parfaitement le vin en objets concrets ; ne parle-t-on pas d’un « velours » que produirait sur le palais un vin aux tanins bien fondus, ou au contraire de l’agressivité râpeuse de tanins encore trop jeunes ?

L’atmosphère qui règne dans cette ancienne cave est recueillie, fraîche ; par des ouvertures, on aperçoit le chai de vinification, tout aussi énigmatique pour le visiteur : baigné dans une lumière rouge, étendu quasiment à l’infini par l’effet de répétition des quelque 500  barriques alignées, qui bercent le vin à venir. Vin qu’on goûte évidemment en fin de parcours, comme une récompense de nos efforts à distinguer la violette de la mûre, le cuir du tabac, ou à écouter le mistral qui souffle comme un chant perpétuel sur cette appellation de près de 1200 hectares.

Ce parcours sensoriel a beaucoup à transmettre sur l’univers du vin et il le fait avec l’agréable légèreté du jeu. Un public familial adoptera immédiatement cet espace ludique, mélange d’odeurs, de  couleurs, de bruits et de textures, où l’on passe d’une expérience à une autre comme dans un palais de la découverte. Un public plus initié appréciera, lors d’une visite commentée, les approfondissements de guides passionnés et incollables !

Plus d’infos sur le Parcours Sensoriel de Cairanne

Texte et photographies Pierre Marilly

Ecrit par

Je suis photographe et rédacteur dans les domaines de la gastronomie, du vin et de l’art de vivre. Arrivé en 2009 dans le Vaucluse, j’explore avec un bonheur toujours renouvelé ce coin de Provence authentique, à la rencontre des passionnés qui font vibrer mes sens ; chefs, vignerons, producteurs. Pour moi, il n’y a pas de petits sujets ! J’ai surtout à cœur de vous faire ressentir, par la magie des images et du verbe, la chaleur des fourneaux de cuisine pendant le coup de feu, ou la fraîcheur d’un chai en été.

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