Quand Cabu immortalise le Festival d’Avignon !

Alors que l’exposition à la Comédie française sur Cabu bat son plein (10 mars-25 juillet), la Maison Jean Vilar –lovée en plein cœur d’Avignon- accueille elle aussi 34 dessins de l’un des plus grands dessinateurs de la presse française Jean Cabut, dit Cabu. Un talent au destin tragique, grand amoureux du théâtre, à découvrir jusqu’au 21 décembre.

La Maison Jean Vilar abrite de nombreuses archives sur le festival d’Avignon et le théâtre © Colombe Production

Il y a la maison de Molière à Paris qui présente une sublime exposition en hommage à Cabu, ce dessinateur de presse (Hara-Kiri, Charlie Hebdo, Le Figaro, Le Canard Enchaîné) disparu tragiquement lors de l’attentat de Charlie Hebdo le 7 janvier 2015. Comme un écho à la Comédie Française,  l’Hôtel particulier de Crochans datant du 18e siècle, véritable temple du théâtre qui porte le nom du fondateur du Festival d’Avignon en 1947, Jean Vilar, accueille lui aussi 34 dessins dont certains inédits de Cabu. Tous sur le théâtre ou la place du spectateur dans le théâtre.

La Maison Jean Vilar accueille l’exposition de Cabu avec 34 de ses dessins sur le théâtre © Colombe Production

Cette exposition-hommage… son épouse Véronique Brachet-Cabut y tenait car « Il faut dorénavant faire vivre l’œuvre de Cabu !», a-t-elle insisté le soir de l’inauguration de l’exposition à la Maison Jean Vilar, le 15 mai dernier.

Véronique Brachet-Cabu était présente à l’inauguration de l’exposition consacrée à feu son mari Jean Cabut dit « Cabu »                 © Colombe Production

Aussi discrète que déterminée à défendre l’œuvre de son époux, Véronique Cabut nous racontait l’immense amour que vouait « Jean », au théâtre. Ils se rendaient régulièrement en juillet au Festival d’Avignon. Et ces dessins en nombre en témoignent.

Je parcourais l’exposition et reconnaissais, sous le talentueux et aiguisé coup de crayon de Cabu, la cour d’honneur. Avignon la culturelle avait accueilli le journaliste en ses terres en 1970 pour la première fois, c’était peu avant la disparition de Jean Vilar. Aujourd’hui, Avignon la culturelle offre aux visiteurs une facette que peu connaissent du célèbre dessinateur, celui d’un « spectaculaire spectateur » pour reprendre l’expression de son épouse.

Je fus impressionnée par le très grand portrait en noir et blanc de Jean Vilar qui accueille tout visiteur dans l’immense hall d’entrée réaménagé de la Maison Jean Vilar. Quel bel écrin pour y accueillir ce grand amoureux du théâtre qu’est Cabu !

Je suis époustouflée surtout par l’amour que vouait Cabu au théâtre. Ses dessins sont d’une subtilité rare, tant les détails de la pièce de théâtre est « photographiée » par un oeil perspicace et connaisseur. Séduite par l’humour du dessinateur omniprésent dans ses dessins, je parcours l’exposition avec plaisir et découvre des pièces de théâtre qui résument aussi l’histoire du Festival d’Avignon.  Le décor est rouge comme le livre sur Cabu que Véronique Brachet-Cabut a publié aux éditions Michel Lafon.

 

Le théâtre à main levée vu par Cabu © Colombe Production

La Maison Jean Vilar, outre un lieu d’expositions, recèle d’archives sur le festival d’Avignon et le spectacle vivant comme nulle part ailleurs. Elle abrite aussi la seule antenne de France de la Bibliothèque nationale de France. On peut y admirer des costumes légendaires de la troupe de Jean Vilar créés à Avignon et au Théâtre National Populaire (de 1951 à 1963), y découvrir des maquettes de spectacles, de nombreux documents manuscrits dont les cahiers de notes de Jean Vilar. Je fus séduite par son écriture d’une finesse et d’une régularité esthétique qui ont tant noirci les pages blanches de ces petits cahiers. Photographies, documents audiovisuels, presse et éléments de décors sont les vestiges d’un temps passé. Mais je reviendrai une autre fois  découvrir le fonds Jean Vilar.

Dessins tirés du livre « Cabu Vive les comédiens » © V.CABUT

L’exposition sur Cabu offre des dessins inédits © Colombe Production

L’exposition Cabu se fait également l’écho du livre paru mi-mai en librairie “Cabu Vive les comédiens » signé par Véronique Cabut et Jean-François Pitet, un ami proche, lui aussi présent le soir de l’inauguration de l’exposition baptisée « Cabu, le théâtre à main levée. Croquis d’un spectateur amoureux» à Avignon. Si la politique et les théâtres parisiens y tiennent une place importante, ce livre de 141 pages donne la part belle au festival d’Avignon. Cabu n’avait pas pu s’empêcher de croquer la Cour d’honneur, le In, le Off… et le Out ! Son dessin « Vilarland » (p.99) est à mourir de rire ! « Charlie hebdo » y est même rebaptisé « Charlie Avignon ». Cabu, ce croqueur d’actualité, aura lui aussi à sa manière raconté un demi-siècle de créations théâtrales, immortalisant les plus grands comédiens français, les plus grandes pièces de théâtre, les plus beaux décors.

Drôle et poignante, cette exposition à la Maison Jean Vilar vaut vraiment le détour !

 

Exposition en entrée libre jusqu’au au 21 juin 2018 : du mardi au samedi de 11h à 18h puis du 6 juillet au 24 juillet 2018 : tous les jours de 11h à 20h. Du 1er septembre au 21 décembre 2018 : du mardi au samedi de 11h à 18h. A la Maison Jean-Vilar, 8, rue de Mons à Avignon. Renseignements au 04 90 86 59 64.

Violette

Ecrit par

Ici, souffle le mistral sous le soleil qui réchauffe les âmes. Le vent balaye le plateau de Sault, siffle sur le mont Ventoux, aiguise les Dentelles de Montmirail, défie le palais des papes et caresse la Sorgue, le Rhône et la Durance. Mais dans le Vaucluse, le vent porte aussi les mots du poète Frédéric Mistral et sème les tirades théâtrales pendant le célèbre Festival d'Avignon. Telle une colombe, j'aime survoler cette terre fertile composée des plus grands vignobles du monde, picorer dans les assiettes des grands chefs de Provence, admirer le savoir-faire des artisans. Et vous faire partager ces instants de bonheur...’

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