Bonté divine ! La Messe de la truffe de Richerenches

Quand la truffe ou «champignon du diable»* vient au secours du culte.

En ce troisième dimanche de janvier (cette année 2016, ce sera le 17), la messe dominicale du village de Richerenches, petite commune du Vaucluse, vient de s’achever.

Devant la façade de la mairie, dominant une foule de spectateurs emmitouflés, le Grand Maître de la Confrérie du Diamant Noir disperse aux enchères quelques kilos de truffes .

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Confrérie du Diamant noir ©N Tardieu

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Foule devant la mairie de Richerenches © Maurice Savoye OT Richerenches

« Un peu plus pitchoun celle là ! Qui m’en donne 30 euros ? 35 euros à droite pour le monsieur à la casquette, 40 là ! Qui dit mieux ? 45 euros ici pour la dame au bonnet jaune… 45 euros, une fois, deux fois, trois fois… Adjugée  ! Bravo Madame, passez à la caisse !

En  1h00, « la messe est dite » ! Tout a trouvé preneur. Le curé de la paroisse jubile. Il a le sourire aux lèvres (légèrement bleuies par la température hivernale). Normal, c’est lui qui empoche la mise.

Deux heures plus tôt, sa petite église était pleine à craquer. Assis, debout ou coincés derrière les piliers, les fidèles de toujours ou d’un jour étaient là par centaine.  Au village, c’est sans doute l’office religieux qui réunit le plus de monde dans l’année.

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Messe de la truffe © Maurice Savoye OT Richerenches

Arrivée juste à l’heure, impossible de me glisser dans l’église. J’assiste à la messe, mais retransmise en direct sur écran géant dans l’ancienne commanderie templière qui jouxte l’église. L’année prochaine, je serai là dès 9h quitte à patienter une heure sur le parvis, ne serait ce que pour sentir le parfum de la truffe !

Car c’est une messe peu ordinaire. Le moment le plus attendu, c’est celui de la quête et ce n’est pas si courant !
Les corbeilles circulent parmi les rangs. Billets, pièces et surtout « rabasses » odorantes débordent des paniers. L’odeur des truffes emplit l’église et remplace celle de l’encens.  Car ce sont des truffes qui sont déposées ce jour là en guise d’obole. Autour de 4 kilos en moyenne chaque année, vendues ensuite aux enchères au profit du culte. Les trufficulteurs qui siègent aux premiers rangs sont les plus généreux. Ils prient chaque année le ciel pour que la récolte soit bonne ; ce n’est qu’un juste retour des choses !

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Corbeille de truffes © Mutriel Pellegrin OT Valréas

 

Quand gastronomie et spiritualité se conjuguent !

Plus d’information : http://bit.ly/TRYa2k

*La truffe, réputée aphrodisiaque, était appelée ainsi au Moyen Age

 

Texte Valérie BISET

Valérie

Ecrit par

Curieuse de tout, gourmande et gourmet, j’adore toutes les bonnes et belles choses en général. Fan de cuisine et de vin serait exagéré mais ce qui m’anime avant tout, c’est ma passion pour le Vaucluse, mon département d’adoption dont je raffole. J’aime rencontrer tout ceux qui comme moi se plaisent à valoriser ses atouts, et surtout à transmettre leur passion et leur savoir faire. Je consacre une partie de mon temps libre à parcourir le département, inépuisable, et suis toujours partante pour découvrir un nouveau lieu et dénicher une bonne adresse. J’aime écrire aussi et ai quelques monomanies : les glaces (celles à la crème de préférence) et les réseaux sociaux.

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