Balma Venitia, un dimanche sous les cacaoyers

La cave des vignerons de Beaumes-de-Venise organise depuis 4 ans en mars son « Printemps du Chocolat ». A l’honneur, le chocolat de Sao Tomé et les artisans talentueux de la région. Cette année, c’est la sommelière Géraldine Clément qui a présenté au public des accords originaux et inattendus entre les vins de la célèbre appellation et les délices de cacao.

Une dégustation, c’est d’abord un moment de convivialité et de rencontre. Installés sur les larges tables circulaires du caveau de dégustation, sous les voûtes de pierre de la grande salle de réception qui surplombe l’immense chai de Balma Venitia, mes coreligionnaires m’accueillent avec le large sourire des gourmands. De tous âges et de tous horizons, curieux ou spécialistes, ils viennent écouter, goûter et apprendre, ce qui n’est pas un mauvais programme.

 

Géraldine Clément nous guide dans la découverte d’une alliance qui, si elle présente des incontournables, nous a réservé quelques belles surprises. Mais d’abord, nous avons été étonnés par la première connivence du vin et du chocolat : le vocabulaire ! Saviez-vous qu’on parle pour le chocolat de tanins ? Que sa « longueur en bouche » et son « fruité » en font un objet de dégustation si proche du vin que l’on parle depuis quelques années de « grands crus » selon les origines et les années de production ?

 

Les représentants de Sao Tomé rencontrés quelques instants plus tard nous éclaireront sur le phénomène. Avec les différences géographiques et climatiques, la nature des sols et les modes de culture, le beurre de cacao, qui est la matière première du chocolat, acquiert une typicité qu’il est impossible de reproduire sur d’autres territoires. La petite île-pays (900 km2) au large du Gabon est riche de cette culture qui représente 80 % de son activité agricole, et exporte aux quatre coins du monde ses fèves recherchées pour leur grande qualité.

 

Du muscat, ce vin doux naturel si connu, qui est un soleil de douceur dans la bouche, à des vins blancs plus secs, en passant par des rouges chaleureux et épicés, la palette aromatique est large, et les accords possibles sont nombreux. C’est ce que l’on expérimente autour des tables, et chacun, avec son goût et sa sensibilité, commente sa perception du mélange. A l’unanimité cependant, nous déclarons notre étonnement devant l’accord entre un vin blanc plutôt sec et un chocolat noir relevé d’une amande croquante grillée. L’un complète parfaitement l’autre, soutient et accompagne ses notes comme dans un mariage heureux.

 

Quelques centaines de gourmands sont venus comme moi à ce printemps du chocolat, à la rencontre des artisans et commerçants qui y présentaient leur travail. La tendance se développe dans le Vaucluse, et l’on comprend bien pourquoi ; fruits du soleil et de la terre, le raisin et le cacao, transformés par le génie du vigneron ou du chocolatier, nous offrent, pour les quelques minutes qu’ils sont en bouche, un moment de bonheur absolu.

 

Texte & Photographies : Pierre Marilly / ADT

En plus :
Des ateliers de dégustations sont organisés toute l’année à la cave (plus d’informations)

Ecrit par

Je suis photographe et rédacteur dans les domaines de la gastronomie, du vin et de l’art de vivre. Arrivé en 2009 dans le Vaucluse, j’explore avec un bonheur toujours renouvelé ce coin de Provence authentique, à la rencontre des passionnés qui font vibrer mes sens ; chefs, vignerons, producteurs. Pour moi, il n’y a pas de petits sujets ! J’ai surtout à cœur de vous faire ressentir, par la magie des images et du verbe, la chaleur des fourneaux de cuisine pendant le coup de feu, ou la fraîcheur d’un chai en été.

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