Au Bistrot de Lagarde d’Apt, la cuisine prend de l’altitude.

Sur le plateau d’Albion, Le Bistrot de Lagarde d’Apt, reçoit ses convives avec chaleur et simplicité. L’aventure gastronomique de Laetita et Lloyd Tropéano a pris un essor particulier avec l’attribution en 2014 d’un « mac », ou une étoile, par le prestigieux guide Michelin. Une distinction dont ils se montrent dignes, sans se prendre la tête. Chronique d’une très belle table, émaillée de quelques phrases savoureuses glanées en cuisine…

Venir ici, c’est un peu s’abstraire du monde. D’abord, vous traversez le plateau d’Albion, en montant par Sault par la petite route qui serpente. Quelques kilomètres de route aux accents de Road Movie plus tard, vous arrivez sur l’ancien site de lancement de missiles, installé là durant la guerre froide. Vous imaginez ces engins de mort décoller d’un des plus beaux paysages de France ? Moi ça me fait froid dans le dos. Heureusement l’atmosphère est chaleureuse dans le décor du Bistrot -on dit Bistrot parce-que c’est l’ancien Bistrot de Pays communal, nom que Laetitia et Lloyd ont conservé plutôt que de le rebaptiser pompeusement -. Donc, simple et chaleureux, comme le souhaite Laetitia depuis le commencement, en 2010, à l’époque où rien n’était joué, et que l’aventure tenait du pari. Plusieurs années chez Régis et Jacques Marcon (pour rappel : en Haute Loire, restaurant 3 étoiles, un classique) ont quand même donné à Lloyd une maitrise et une confiance suffisantes pour s’atteler à ce lieu et en faire une belle table. « Je ne travaille pas à moins de 1000 mètres d’altitude ! » lance le chef avec un grand sourire …

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Lloyd (au centre) et sa brigade

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Laetita et son duo « frère et soeur »

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Un grignotage de l’apéritif à la truffe d’été

La cuisine de Lloyd, c’est donc un menu qui change tous les mois, des propositions culinaires sans chichi et mes papilles qui explosent littéralement dans des accords élaborés, des jeux de contraste, des oppositions toute en finesse. D’emblée on perçoit la qualité de préparation et de sélection des produits, leur fraîcheur hallucinante, et l’amour qu’a le chef pour eux.

 

Je me régale d’un porc du Ventoux, clin d’œil au producteur Vincent Maurel. En dégustant cette déclinaison, légèrement parfumée par le jus court au foin, on comprend bien ce qu’est une belle viande persillée ; le gras délicieux et le maigre parfaitement cuit se répondent, la cuisson basse température et le braisé, la pomme de terre confite, tout tourne en bouche ! En accompagnement de ce met bien d’ici, un rouge du Château Les Eydins déroule magnifiquement sa soie, tendu et frais.

 

"Le Cochon du Ventoux aux arômes de foin" La Tranche de carré rôti en basse au foin de Lagarde, la Poitrine longuement braisée, gâteau de pommes de terre aux pieds de cochon, mousseline de carotte au gingembre, jus court au foin"

« Le Cochon du Ventoux aux arômes de foin »
La Tranche de carré rôti en basse au foin de Lagarde, la Poitrine longuement braisée, gâteau de pommes de terre aux pieds de cochon, mousseline de carotte au gingembre, jus court au foin »

Tout ça, assemblé sur un plan de travail au-dessus duquel les cuisiniers s’agitent, avec des gestes précis et rapides, l’œil tendu, très près des assiettes. De belles assiettes, qu’on contemple avant d’attaquer. « Aussi beau que bon », voilà qui devrait être la devise de plus de cuisiniers ! Expérience de tous les sens : on allume une mèche de lavande sèche sur l’agneau avant de le servir, et le fumet léger embaume la pièce quelques secondes.

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« L’Agneau d’Emilie et d’Emilien de Lioux » : Le Carré, la Selle aux senteurs d’Olives et Pèbre d’Ail, Soubise d’Oignons doux et risotto d’Épeautre de M Fra, jus court

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Rouelle de Homard rôtie, fenouil confit au Safran, suc de Tomates anciennes, et sauce aux arômes de Sangria.

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Consommé à la truffe d’été relevé d’un vaporeux au Raifort Dariole légère de Foie Gras

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Gelée de Verveine et financier à la pistache

« Mais on n’est pas des cosmonautes, quand même », se plait à rappeler malicieusement le chef à ceux qui le couvrent d’éloges. Sa cuisine est orientée vers le plaisir, la justesse, la gourmandise -les desserts hallucinants, comme la verveine en gelée et le financier à la pistache, ou cette mousse de noisette qui accompagne de petits morceaux de poire, sont à tomber-. Et quand au prix, il est aussi doux que les desserts. En formule bistrot ou en menu dégustation, on s’en tire pour une addition très raisonnable ou, comme on dit, un super rapport prix-plaisir !

 

Le Bistrot de Lagarde d’Apt
RD 34 – 84400 LAGARDE D’APT
Réservation uniquement par téléphone : 04 90 74 57 23
Ouvert du mercredi au dimanche pour le dejeuner et pour le diner ( fermé le lundi et le mardi toute la journée)

Photos et texte : Pierre Marilly

Ecrit par

Je suis photographe et rédacteur dans les domaines de la gastronomie, du vin et de l’art de vivre. Arrivé en 2009 dans le Vaucluse, j’explore avec un bonheur toujours renouvelé ce coin de Provence authentique, à la rencontre des passionnés qui font vibrer mes sens ; chefs, vignerons, producteurs. Pour moi, il n’y a pas de petits sujets ! J’ai surtout à cœur de vous faire ressentir, par la magie des images et du verbe, la chaleur des fourneaux de cuisine pendant le coup de feu, ou la fraîcheur d’un chai en été.

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