Un arc-en-ciel dans le Vaucluse, leader européen des ocres

La société des Ocres de France, basée à Apt, leader européen dans les ocres naturelles, nous ouvre ses portes pour une visite inédite.

Ils s’appellent Brice, Pascal et Stéphanie. En présence des aînés Guigou -André, Jean-Paul et Nelly, leurs parents qui veillent toujours au grain avec une passion intacte, la jeune garde est entrée dans la danse en 1998, créant un véritable arc-en-ciel dans la société des Ocres de France, basée à Apt, aujourd’hui leader européen dans les ocres naturelles.

 

Stéphanie Guigou-Anglès est arrivée dans la société des Ocres de France en 1998 ©Colombe Production

Si le notable maçon du pays d’Apt, Gilbert Guigou, n’avait pas acheté en 1973 la société des ocres de France par curiosité et passion pour sa terre ancestrale, l’histoire se serait arrêtée là et l’usine vauclusienne créée en 1892 n’aurait plus jamais pu chatouiller les grands groupes industriels mondiaux.

Depuis l’arrivée de la jeune génération il y a deux décennies, aux côtés des anciens qui veillent toujours au grain, la palette de couleurs des ocres naturelles, qui s’étirait du jaune au marron, a pris les couleurs de l’arc-en-ciel. Extraites dans la carrière de Gargas et transformées dans l’usine d’Apt depuis 1901, les ocres naturels et pigments synthétiques, introduits entretemps, se déclinent désormais sur une palette à l’infini, prêts à concurrencer les grandes firmes mondiales.

La palette de couleurs des pigments synthétiques et des ocres naturels balaie les couleurs de l’arc-en-ciel ©Colombe Production

Les années 2000, tournées vers l’écologie, ont été un  tournant capital pour la société aptésienne, qui a su surfer sur la vague du bio et du naturel. Les produits s’enrichissent: badigeons prêts à l’emploi, enduits à la chaux, peintures naturelles… Le géant Lafarge Plâtre vient frapper à la porte de la PME et développe avec elle des plâtres colorés pour intérieur et extérieur. Le succès est au rendez-vous.

En 2015, les trois dirigeants créent dans l’enceinte de l’usine, bâtie sur le site historique du comptoir des ocres de France, un showroom pour les professionnels et pour les particuliers qui représentent aujourd’hui 40% de leur clientèle. Alors qu’ils s’adressaient jusqu’à présent aux artisans du bâtiment et aux industriels, les dirigeants élargissent leur gamme de produits et créent des coffrets pour les loisirs créatifs et les élèves des Beaux-Arts.

La gamme de produits s’élargit et s’adressent aussi aux loisirs créatifs ©Colombe Production

Avec 800 tonnes de production par an, contingées par le Ministère de l’Ecologie, la solide petite équipe de la Société des Ocres de France souhaite, en 2018, passer à la vitesse supérieure et augmenter de manière significative son chiffre d’affaires, s’élevant de manière stable depuis des années à 1M€. L’année 2018 sera celle des investissements dont un nouveau four et deux machines de conditionnement.

André (au fond), l’un des deux fils de Gilbert Guigou, veille sur la nouvelle machine de conditionnement ©Colombe Production

Si elle n’est pas le seul site d’extraction en Europe, la société des Ocres de France est en revanche la seule à posséder sa propre carrière et une usine de traitement.

Cinq étapes sont nécessaires à la carrière avant d’amener l’ocre de Gargas à l’usine de traitement d’Apt

Alors que tout est orangé comme si le coucher de soleil n’en finissait pas d’irradier l’usine de traitement, sur le site boisé de 20 hectares de Gargas, tout est vert et couleur nature. Dans la carrière, qui couvre seulement un hectare de la surface, les gros engins s’affairent.

800 tonnes d’ocres naturelles sont extraites aujourd’hui contre 40 000 tonnes en 1892

Il faut compter un an entre l’extraction de l’ocre naturelle dans la carrière de Gargas et la mise en vente du produit. Un long cheminement dont les étapes sont au nombre de cinq à la carrière (extraction, lavage, séparation du sable et de l’ocre, décantation, séchage) et de deux étapes à l’usine (Broyage-calcification et conditionnement).

Arrivées à l’usine d’Apt, les ocres naturelles vont subir deux traitements ©Colombe Production

Depuis janvier 2016, la société des Ocres de France, qui met désormais en valeur son côté 100% écologique de l’extraction à la fabrication des ocres, peut s’enorgueillir d’avoir reçu, des mains d’Emmanuel Macron, alors ministre de l’Economie, Industrie et Numérique, le Label « Entreprise du Patrimoine Vivant ».

La société des Ocres de France est labellisée « Entreprise du Patrimoine Vivant » depuis le 16 janvier 2016 ©Colombe Production

C’est ce label qui a permis à la société aptésienne de toucher encore une autre clientèle, celle des architectes et des bâtiments de France.

Artisans, industriels, particuliers, architectes et Bâtiments de France font partie de la clientèle de la société aptésienne ©Colombe Production

En 126 ans, le comptoir des ocres de Vaucluse s’est transformé en une jolie société des Ocres de France qui vend aujourd’hui ses produits aux Etats-Unis, en Chine, en Europe et surtout sur le continent africain. Comme dit l’adage, après la pluie vient le beau temps, puis… un bel arc-en-ciel.

 

Violette

Ecrit par

Ici, souffle le mistral sous le soleil qui réchauffe les âmes. Le vent balaye le plateau de Sault, siffle sur le mont Ventoux, aiguise les Dentelles de Montmirail, défie le palais des papes et caresse la Sorgue, le Rhône et la Durance. Mais dans le Vaucluse, le vent porte aussi les mots du poète Frédéric Mistral et sème les tirades théâtrales pendant le célèbre Festival d'Avignon. Telle une colombe, j'aime survoler cette terre fertile composée des plus grands vignobles du monde, picorer dans les assiettes des grands chefs de Provence, admirer le savoir-faire des artisans. Et vous faire partager ces instants de bonheur...’

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