La cerise des Monts de Venasque, diamant rouge

Aussi belle et bonne qu’elle est fragile, la cerise a trouvé son plus beau terroir d’expression sur les 21 communes de l’appellation des Monts de Venasque. Fruit de saison par excellence, elle nous rappelle notre lointain passé de chasseur-cueilleur : qui n’a jamais connu, perché sur une échelle , les délices d’une cueillette gourmande ?

Cultivée de génération en génération, elle a littéralement modelé ce morceau de paysage vauclusien qui s’étend de Carpentras à Méthamis, et nous offre à chaque saison de si belles images : celles de cerisiers alignés sur des restanques, aux flancs des contreforts du Ventoux, beaux arbres bien charpentés, illuminés de blanc à la floraison, ponctués de rouge en période de production. En 2011, ce sont entre 1000 et 1500 tonnes qui ont été produites par 80 producteurs sur 300 hectares de verger, dans le strict respect d’une charte qui nous garantit, à nous consommateurs exigeants, un produit fantastique et une palette de saveurs propres à chaque variété, Burlat, Folfer, Summit ou Belge.

Cerises des Monts de Venasque ©Pierre Marilly       Cerises des Monts de Venasque ©Pierre Marilly

On a beau vivre une époque de progrès technologiques, la méthode de récolte de la cerise est immuable. Cueillie à pleine maturité et obligatoirement à la main, d’un geste expert qui la détache avec sa queue sans la toucher, elle ne pourrait souffrir aucun autre traitement. Car c’est le fruit le plus délicat qui soit. Ballottée sur sa branche au gré d’un mistral brutal, assaillie par les pies gloutonnes, battue par les grêles tant redoutées, la cerise vit un véritable parcours du combattant pour parvenir parfaitement intacte sur nos tables. J’apprends en outre que du verger à l’étal, il est extrêmement rare qu’il s’écoule plus de 24h. Toute une mécanique de production très contraignante pour conserver l’éclat et la superbe d’un fruit consommé en saison, de mi-mai à mi-juillet.

Cerises des Monts de Venasque ©Pierre Marilly       Cerises des Monts de Venasque ©Pierre Marilly

Cerises des Monts de Venasque ©Pierre Marilly

Ce matin-là, un air de flamenco flotte sur la cerisaie, où je rencontre des saisonniers souriants, espagnols pour la plupart. La migration de cette main- d’œuvre est une tradition ici depuis de nombreuses années. On me tend une poignée de cerises, rouge rubis, charnues, mûres, délicieuses. Les seaux se remplissent vite, on les embarque en hâte pour la première livraison du matin qui doit avoir lieu, à l’expédition, à 11h. Un passage à la machine de tri, lavage et calibrage plus tard, les voilà en caisses , prêtes à partir en voyage. Alexandre Tourrette est aux commandes, tout va très vite. La saison, il ne doit pas la manquer : c’est une année d’activité qui se joue en quelques semaines. Gare aux aléas climatiques et aux variations du marché ! Mais il lui faut maintenir le cap de l’exigence de qualité, surmonter les épreuves comme ses parents et grands-parents les ont surmontées avant lui. Un couple de touristes passe acheter un plateau ; il prend quelques minutes pour discuter avec eux, les remercier d’avoir poussé sa porte. Sa publicité consiste en un écriteau sobrement intitulé « Producteur de cerises ». Il n’en faut pas plus pour que l’adresse soit tendance.

 

Fête de la Cerise à Venasque  le 5 juin 2016

Rando Bistrot Cerise du Ventoux le 11 juin 2016

Fête de la Cerise à Malemort du Comtat le 26 juin 2016

Texte et photographies : Pierre Marilly

Ecrit par

Je suis photographe et rédacteur dans les domaines de la gastronomie, du vin et de l’art de vivre. Arrivé en 2009 dans le Vaucluse, j’explore avec un bonheur toujours renouvelé ce coin de Provence authentique, à la rencontre des passionnés qui font vibrer mes sens ; chefs, vignerons, producteurs. Pour moi, il n’y a pas de petits sujets ! J’ai surtout à cœur de vous faire ressentir, par la magie des images et du verbe, la chaleur des fourneaux de cuisine pendant le coup de feu, ou la fraîcheur d’un chai en été.

Commentaires

  1. Ecrit par Hachemi baya le 25 avril 2017, 17:43 [Réponse]

    Bonjour je suis sur le projet de plantations de cerisiers à Miliana en Algérie
    Je cherche des contacts avec des cerise raies
    Merci

  2. Ecrit par Graham Holmes le 16 juin 2016, 08:46 [Réponse]

    So evocative. I love eating and drinking cherries.

  3. Ecrit par Josette le 27 juin 2014, 10:48 [Réponse]

    J’ai savouré les irrésistibles cerises de Venasque à Genève, vendues par un épicier italien à 20 francs 50 suisses le kg (un petit peu moins en Euro).

    • Valérie
      Ecrit par Valérie Biset le 27 juin 2014, 20:14 [Réponse]

      Il faut venir les manger sur place Josette ! Elles sont à 3 euros ! 🙂

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