La Provence vue du ciel… en Montgolfière

Le souffle froid des ventilateurs s’engouffre dans la toile étendue au sol sur 28 mètres de long. Il est six heures du matin. Les ocres de Roussillon commencent à peine à rougir sous les premiers rayons du soleil.  Le bruit des groupes électrogènes réveillent cette nature endormie. Des vignes à perte de vue attendent que les grappes de raisin mûrissent…

               La montgolfière au sol attend de recevoir le puissant souffle des ventilateurs ©Colombe Production

Au beau milieu d’un champ, une nacelle en osier de 2mx3m attend les 12 touristes et autochtones pour une heure de vol en montgolfière. Seule structure en Vaucluse à offrir depuis 2005 ce baptême ou cette traversée paisible dans le ciel du Luberon, la société « Vol-terre », gérée par Hervé Maucci, s’apprête à prendre ses passagers.

Je me revoyais enfant lire l’épopée des frères Montgolfier Joseph-Michel et Jacques-Etienne, inventeurs de la montgolfière, ce ballon à air chaud grâce auquel il ont réalisé leur exploit en 1783 du premier vol d’un être humain.
Quatre décennies plus tard,  je repense à leur génie. Hervé le pilote me raconte à son tour ses souvenirs d’enfant: « les montgolfières, c’était à mes yeux des ampoules qui éclairaient le ciel ». Ses yeux pétillent encore.

La chaleur de la flamme propulsée va permettre au ballon de s’élever dans le ciel ©colombe Production

Je monte dans la nacelle en osier, matière adéquate, à la fois souple et résistante. Hervé le pilote met en route les quatre brûleurs. Le souffle de la puissante flamme me chauffe la joue plus que les rayons du soleil ne peuvent le faire… Je quitte ma polaire et mon regard se porte soudain à dix mètres du sol. La montgolfière aux couleurs du ciel s’est élevée dans les airs sans que je ne m’en rende compte, tout en douceur. Au loin, on perçoit la Sainte-Victoire si chère à Cézanne, et les villages de Goult, Ménerbes et Gordes, gros comme des têtes d’épingle. Nous sommes à 1200 mètres d’altitude avec une vue à 360 degrés. L’oeil perçoit jusqu’à 150 km, nous apprend-il.

 

Le paysage est composé de parcelles cultivées, de vignes, de blé et de lavande ©Colombe Production

Les paysages se découpent sous mes pieds. Des parcelles très dessinées se détachent, dorées comme l’or du blé, bleutés comme la lavande, vertes comme la vigne. Le village de Roussillon me semble déjà si petit et je distingue une veine d’ocre rouge. Que ce département est beau…

Roussillon se détache du paysage enchanteur du Luberon ©Colombe Production

Je respire l’air pur. Ce vol est enivrant. Un sentiment de plénitude m’envahit tant la stabilité de ce ballon à air chaud est surprenante. Zéro secousse, zéro balancement. C’est certainement cela que je retiendrais le plus de ce baptême. Hervé commente l’horizon qui se découpe et pointe les villages calfeutrés tantôt dans la verdure, tantôt dans les parois minérales des monts du Vaucluse. Nous survolons les terres fertiles clairsemées de somptueuses villas.

 

Une vue à 360 degrés à une altitude de 1200 mètres ©Colombe Production

Je ne regrette en rien l’heure matinale qu’il m’a fallu surmonter avec courage. D’autant plus lorsque Hervé a précisé à tout l’équipage qu’en Provence, les conditions aérologiques ne permettent que des vols le matin à cause des thermiques, de mars à octobre.

Comme sous la mer, je perdais toute notion du temps. Déjà une heure de vol passée et Hervé, tributaire des vents,  cherchait un champ non cultivé pour poser la montgolfière. Pas de panique l’autonomie est de deux heures avec les six bouteilles de propane qu’il avait chargées au centre de la nacelle.

Les brûleurs sont éteints et la montgolfière démontée ©Colombe Production

Les brûleurs sont activés avec parcimonie. Le ballon perd de l’altitude. La nacelle effleure la cime des arbres. Diriger un ballon, ce n’est que du ressenti, confie le pilote chevronné avec fierté, cherchant à choper le courant pour nous décaler vers Roussillon..

Nous atterrissons comme prévu dans le champ du paysan. Le 4X4 vient nous chercher… Hervé et ses deux gars procèdent au démontage en nous faisant participer. Il aura fallu une demi-heure pour monter le ballon à air chaud et autant pour le ranger sur la remorque.

Après trois heures de passée à Roussillon et ses alentours, je rêve de la bonne sieste qui m’attend, ressourcée et l’âme légère comme le bon air de Provence!

Hervé Maucci remet un diplôme de vol en montgolfière à chacun des particpants ©Colombe Production

Avant de nous quitter,  Hervé a remis à chacun d’entre nous un diplôme personnalisé de vol en Montgolfière. Joli souvenir posé sur mon bureau, histoire de pouvoir m’évader parfois et prendre un bol d’oxygène virtuel.

Violette

Ecrit par

Ici, souffle le mistral sous le soleil qui réchauffe les âmes. Le vent balaye le plateau de Sault, siffle sur le mont Ventoux, aiguise les Dentelles de Montmirail, défie le palais des papes et caresse la Sorgue, le Rhône et la Durance. Mais dans le Vaucluse, le vent porte aussi les mots du poète Frédéric Mistral et sème les tirades théâtrales pendant le célèbre Festival d'Avignon. Telle une colombe, j'aime survoler cette terre fertile composée des plus grands vignobles du monde, picorer dans les assiettes des grands chefs de Provence, admirer le savoir-faire des artisans. Et vous faire partager ces instants de bonheur...’

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